vendredi

HistOire de..


Sa main qui est là, sur la mienne.

Je n'ai pas eu à tendre ma main pour qu'elle la prenne
. Elle a du le réaliser, car déjà, ses doigts repartent et vont se perdre dans ses cheveux. Un soupir. Assez fort pour que je l'entende, mais aussi assez discret pour que je décide de ne pas l'avoir entendu. Il y a comme un grand vide en moi. Ce n'est pas la première fois qu'elle dors là, et pourtant... Cette chambre n'a plus que le noir pour limite. Peut-être que nos cœurs se cherchent-ils, mais en tous cas, le mien reste immobile. Je savoure cette nuit qui coule, mais je sens bien qu'elle n'est pas à l'aise.

"Tu dors...?"

Non, je ne dors pas. Je n'ai pas envie de dormir. Je suis juste en mode passif. Là, il faudrait que je réponde...Mais répondre quoi? M'inventer des sentiments, finir par y croire et foncer droit dans le mur? Dire que je ne l'aime pas autant qu'elle le souhaiterais, et la voir partir? Non... Juste savoir qu'elle est là, juste sa présence, juste ces instants qui coulent et créent en moi une vague émotionnelle tendre et douce, qui me berce dans des horizons sans fin... Juste être sans promettre. Juste là, avec elle. Respirer au rythme de sa respiration, rêver au rythme d'une caresse sur son bras, repousser une mèche de ses cheveux pour voir ses yeux, et oublier demain...

Mais je doute que ce genre de réponse puisse convaincre son cœur de rester un peu plus longtemps encore près du mien.

"Non."

Non, je ne dors pas. Cela ne veux pas forcément dire que je suis apte à répondre à ses questions, mais je doute qu'elle le comprenne. Je pourrait lui dire que je l'aime, mais je ne suis pas certain que ça serait honnête. Qu'y a-t-il en moi? Ce vide parfois si douloureux a-t-il trouvé un réconfort à l'écho de son nom? Est-ce à sa présence que je dois cette sensation étrange de survoler mes appréhensions? Est-ce du à elle? Ou bien est-ce que n'importe quel sourire féminin aurait autant d'impact dans ma vie? Comment peut-on exiger de moi que je lui confie ces interrogations?

"Je me sens bien ici, moi..."

En parlant, elle s'est tourné vers moi. Je n'ose quitter des yeux le plafond, de peur de croiser son regard. Et voilà. Ce "moi" résonne dans ma tête: "et toi?, et toi?, et toi,...?". Je déteste ces questions sous-entendues. Ces mots cachés qui ne sont jamais francs, jamais clairs,...

Si elle avait juste une idée du chaos sentimental qui règne en mon cœur, elle comprendrait. Elle comprendrait que je ne peux pas poser de mots sur ce que je ressent. Il n'y a rien pour décrire ce chaos, toutes ces émotions qui déferlent, tous ces sentiments qui s'entrechoquent...

Elle s'inquiète, se décide à être plus directe. Ses lèvres hésitent à glisser ces mots qui peuvent déclencher autant de mal que de bien... Elle veut savoir, elle veux une réponse. Je la comprend.

"...m'aimes-tu...?"

Je ne suis pas en état de répondre à cette question.
Je suis désolé.

Vraiment désolé.




(écrit après avoir lu ça)

3 commentaires:

Mathilde a dit…

C'est étrange... J'arrive du blog de Niels et j'ai l'impression d'y voir ses mots et, plus précisément, son dernier écrit. Le coup de la mèche de cheveux, ce couple et - surtout - cette incapacité de dire ce qui se trame en soi...
Pas une critique, loin de là : tu sembles avoir - même si, pour l'instant, je ne suis pas allée plus loin dans ton blog - une jolie plume ; mais c'en est tant troublant qu'il m'était impossible de ne pas t'en faire la remarque.
Je pars donc à l'assaut de ton blog.
Bonne continuation.

- Manior - a dit…

J'étais sur ton blog quand tu as écris ça!

Bref,
effectivement, tu as vu juste: j'ai lu ce texte de Niels que tu connais, et j'en suis resté bouche bée, j'ai trouvé ça trop beau.

Alors j'ai fermé les yeux, et j'ai été cherché au fond de moi, pour écrire ça. Je suis conscient que j'ai été influencé par Niels, j'espère que je ne m'approche pas trop du copiage!

Je vais rajouter le lien en bas, ça sera plus honnète.

Mathilde a dit…

J'ai cru l'espace d'un instant que je n'avais pas lu jusqu'au bout et étais passée à côté du lien :)

On pioche dans sa vie mais aussi dans celle des autres pour écrire :)

Merci de ton passage bloggesque !